Je prends un ton docte.

Je n’avais pas vu, tiens, ce chat, en papier, et cette souris non plus, en papier aussi. C’est comme si le théâtre, à ma fenêtre, avait veillé à la décoration. Zut, je pourvois une mauvaise décoration : ma pensée est fânée, il faut que je m’en procure une autre. Une pensée d’été, celle-ci était d’hiver, mais n’a pas survécu au gel, et à mon voyage en Hongrie. Il faut dire, que ma pensée a été un peu tumultueuse, ces derniers temps. Alors, alors, nouvelle pensée. Je ne pense pas, pensée, te remplacer ; ou que tu sois interchangeable, ou que tu sois un produit, un consommable : tu es bien, mais surtout, tu vis. Or, vivante, je ne déconsidère pas, comme un produit ; je te porte du respect : le respect à la vie. Toute vie est belle, la tienne avec la mienne, c’était chouette, tu es et auras été, ma pensée. La suivante, c’en sera une autre. Une autre pensée. C’est fou, ces derniers temps, j’ai rarement écrit au bureau, alors je m’adressais moins à toi. Cause peut-être aussi de ta défection ; j’écrivais au canapé. Tu ne sais pas tout ce que j’ai dit, depuis tout ce temps ! Tu ne le sais pas ! Il faut que je te raconte. Toi, dans ton petit pot verre (vert) (porcelaine) (faïence), tu prends le vent, tu prends la neige, tu prends les gens, tu prends le soleil, le bon soleil, tu ne bois pas autant de thé que moi ; j’ai peur que le thé soit acide pour toi. Le café, n’en parlons pas. Alors, alors, il y a Husserl, qui me fait du gringue, la couverture est orange ; c’est pour cela. Il y a tant de choses à faire. C’est merveilleux, c’est prodigieux, c’est tout naturel. Voyons, tu te délasses ; tu t’ennuies ; tu te prélasses. Tu as remarqué aussi ? La cire, ce que c’est plaisant. Ce que c’est amusant ! Avec la cire, tu camoufles tes empreintes digitales quand tu t’ennuies au restaurant, dans un bar, avec amis. Ce que je n’aime pas les clients qui s’amusent avec la cire, ce qu’ils m’agacent à saloper ainsi les bougeoirs, qu’il faut laver, sans cesse, lorsque la cire est durcie, le jour toujours, où je viens de me refaire les ongles, et que tu, cire, investis même ma bague. Ah zut alors, quelle misère. Nonobstant cela, à côté, la cire, c’est si amusant : tu la manies, tu la comprends, elle est douce, tu ne la dois pas brusquer, elle est sensible et sensuelle. La cire entre mes doigts ; la cire qui est fluide, celle qui sans contrainte, ou la mienne, ou la tienne, douce, s’est déposée un peu partout où elle va, qu’elle est belle. La cire, je voudrais en faire un musée. C’est dit. Sinon, je bois une infusion là, elle est géniale, elle est à la menthe poivrée entre autres plantes, je l’ai achetée à l’herboristerie rue Oberkampf, et c’est dit qu’elle est relaxante. Je l’adore, elle est géniale, elle est très agréable en bouche, quand elle est chaude, c’est vraiment génial, c’est très agréable dans tout corps. Ah non mais ! La neige va, qu’est-ce que tu fais ? Tu tombes, tu cesses, tu reviens, tu renforces, tu mouilles tout et ne déposes pas, et puis là ça y est, tu fais ton cirque, tu es repartie en grande rafales, c’est le bordel, je suis sûre que dans la rue, tu dois un peu fouetter le visage, ce n’est pas agréable, non, mais voyons, pourquoi, je ne comprends pas, cesse, ou dure. Je veux que tu dures en fait, je veux que tout soit à nouveau blanc, et qu’ensuite, à la nuit tombée, bientôt relevée, je marche, je te rende visite, à l’heure où l’on dort, nous aurions une aventure. Sensuelle, multi-sensuelle, tu me refroidirais, mais d’éclats, je ne saurais pas faire. Tu me provoques sans cesse, ton attitude même, impertinente, je t’aime. Ah non mais ! Tu vois un peu ce que tu génères chez moi ? Au chaud, très chaud ; cela fait longtemps qu’il n’a pas fait si bon dans l’appartement. Ah mais, tu vois, tu es là. Je te vois bien ! Je te vois. Je te veux bien ! Je te veux. Je suis là, je te vois. Ah non mais, voyons, filou. Scélératesse ; c’est bête que nous oubliions ce mot, et ne disions, que connerie, saloperie ; truanderie, rouardise, et caetera. Je ne sais pas si vraiment les mots, tous, ce que je dis, ceux que je pense, sont, existent, mais ils veulent tant dire ce qu’ils veulent dire ! Ce n’est pas de ma faute à moi, ce n’est pas de ma faute. Les Beatles chantent qu’ils ont lu les news today oh boy, moi aussi, I’d love to turn you on, to turn round, to make you feel silly and sick to puke and great to fly and round and round and round. Turning in cycles, moving in circles, feeling the beauty of the word, butterfly. Butterflies are even better. Better at relaxing from the inconstancy of the tremendous snow, falling from the sky down on my eyes wide unwet, wild dry my eye my third my you, and so on. Welcome to the show, it is senseless to assume a sense when you distrust your emptiness and discover the marvellous mysteries, the Appalaches. Non, plus sérieusement, il va falloir y aller, tu ne peux plus reculer, recouvre, et je vais dans les Appalaches. Recouvre te dis-je, plus plus encore ! Met du coeur à l’ouvrage. Ah, ah, ah, les informations radiophoniques me signalent ce qu’elles ont signalé déjà. Ce n’est guère. (Entends bien, guère, ENTENDS.) Une fois, tout à l’heure, il y a trois bulletins ondit-informationnels radiophoniques, j’ai remarqué quelque chose. Quelque chose, rien : Un kamikaze, pas de morts. Pas de mots, youpi, nous sommes rassurés. Un kamikaze, un mort ! Un mort ? Non : l’Occident, nous, les puissants, les civilisés, les maîtres, on ne le dit pas, mais face it, nous, l’Occident, les puissants, les civilisés, les maîtres, il n’y a pas eu de mort. L’attentat, ou je ne sais quelle explosion, du kamikaze, n’a causé aucune mort. Youhou, je suis ravie. Non, mais attends, n’importe quoi. D’un autre côté, il a raté, le bougre. Lui, lui, oui ! Lui, lui, oui ! Lui, lui, le mort ! Le kamikaze, le mort, le kamikaze, le mort. Non, il n’y a eu aucun mort. Non non non ! Pareil, aucun mort, il a échoué, nous avons vaincu, nous avons overpassé cet incident, sans grief, sans dommage, nous sommes rassérénés, il a échoué. Ouf, pas de morts.
Alors, Pensy, je bois mon infusion, les Beatles ont fini, une autre chanson a pris place, après le bulletin, et puis poum, elle est un peu moins bien, elle n’est pas géniale même. Bon, passons, parfois, à la programmation, ils sont très bons. Je l’ai remarqué. Parfois, un peu moins. Mais aujourd’hui, je dirais qu’ils sont plutôt bons. J’ai déjà discuté avec J, de la question du dimanche. Le dimanche, celui qu’on a instauré, c’est terrifiant : le dimanche, si on ne fait rien, on ne fait rien. Le dimanche, je me dis, beaucoup de personnes doivent écouter la radiodiffusion, quelque soit l’onde sélectionnée. Alors, je me dis, c’est challengeux pour les radiodiffuseurs, enfin, les programmateurs, de produire pour toute la journée, quelque chose d’atmosphériquement représentatif de la fréquence, mais aussi, en accord avec le ton du dimanche, notamment le climat, et puis de se demander, ce que les gens qui écoutent la fréquence usuellement (en rentrant du travail, de l’université, en se levant, dans la voiture, au déjeuner, qu’en sais-je) auraient envie d’écouter, pour ce dimanche. Parce que le dimanche, est un jour -pour ceux qui ne travaillent pas- vide : il y a peut-être des rendez-vous, des sorties au théâtre, du cinéma, des branlettes entre amis, des branlettes solitaires, qu’en sais-je ; il n’en reste pas moins, que le dimanche, tout au moins dans ma conception, personnelle, singulière, est un jour vide. Nothing scheduled. C’est si agréable, mais conséquemment, évidemment, de façon obvie, la musique à écouter, celle que l’on veut entendre, diffère des jours, les autres, les activés. C’est un jour vide aussi, parce que les choses sont plus fermées. Et, paradoxalo-bénéfiquement, les gens sont plus ouverts. C’est la vacuité de la journée je dis, qui provoque cela, on voit moins le dimanche, et alors on se voit plus. Comme c’est chouette. Ce qu’il faut, à mon sens, c’est conserver dans l’activité, cet attrait pour notre monde, même dans les journées pleines ; y compris, pendant les vacances, où malencontreusement, a contrario total de l’objectif vacance, les gens se focalisent sur leur vacance et aspirent à un représenter, ou à un oublier. C’est dommage, le loisir, c’est le loir. Et le loir, prend soin de ses oies, il n’a rien à faire, il ne pond pas, il ne chante pas au matin ; d’ailleurs, son cri est fort désagréable. Penser : loisir / loir.
Là, à l’instant, je ne viens pas de danser le madison, nonobstant, j’ai un anis de Flavigny maintenant dans la bouche, et c’est plaisant. J’ai ouvert la boîte avec ma main droite, aidée de la gauche, et la gauche, je tenais la boîte. Je n’ai pas sélectionné précisément la bille blanche douce dure soyeuse que j’ai absorbé par la main droite qui a porté celle prise un peu nonchalamment, négligemment, avancée vers ma bouche, mes lèvres se sont entrouvertes pour ensuite suçoter, ce que je fais, la bille en question, qui libère petit à petit, sa saveur.