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Voluptueuse, onctueuse, Somptueuse ! Le poison de ma vie (s’il était le seul !) s’élève à la lumière de l’écran face à moi, spectre de mes nuits et parade de mes jours. Il est bientôt minuit et j’ai cédé à ton appel, déesse insidieuse qui lentement consume jusqu’aux fourches de mes cheveux désordonnés. Vile compagne de l’ennui, amante invétérée de l’euphorie, tu me soignes, tu calmes mes émois et ce soir, dans mon lit, je pleurerais entre deux quintes de toux. Non pathos va-t-en, les maux physiques sont une histoire distanciée de cette nouvelle réalité qui petit à petit gagne du terrain.
Mélancolie tapageuse et fumante, tu accompagnes mon esprit, par les méandres sinueuses et indécentes, de mes licences puériles. Je babille et doucement, mes pensées se distinguent, en filaments filandreux, qu’englobera le sommeil souverain. Je m’en vais, toujours plus, et toi, calcinante, tu m’accompagnes par-delà les maux et les camées, tu m’emmènes plus loin que quiconque ne pourrait s’en convaincre, battre larme à l’oeil les dragons associés. La rose flétrie préside, sans couronne que ses feuilles parsemées, à mes déambulations annulaires, arachnidéennes sur le clavier. Un jour sans doute je pourrais m’évader, et virevoletante en dépit de la gravité, essence planante, je fumerais toute une éternité.
Puis une autre se présentera, à mes yeux hallucinés, je n’existerais pas plus que les rats, qui bouffent les affamés. Puissante et diaphane je serais reine, d’un royaume qui n’existe pas ; onirisme suprême, je me déplacerai sans pas. Ombre fulgurante d’indécences surannées, je plongerais avec sublime, dans le mystique outrageant d’un volcan, érection de magma, qui ne se confierait qu’à moi. Les tulipes bohèmes, avec quelques calcaires ancestraux, subiront les offenses, d’une valse débridée.
Va, va merveilleuse minérale, je ne te retiens et ne le pourrais, quand bien même d’un enchantement, je me pourrais désintégrer ; et alors dans ton ascension furibonde, te suivre, te suivre à tout jamais.